
Le taux d’inflation annuel de l’Australie a baissé en juillet - alors pourquoi les marchés se sont-ils soudain inquiétés d’une nouvelle hausse de taux de la RBA ? Parce que le chiffre de 3,5 % d’inflation annuelle ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Selon le Bureau australien des statistiques (ABS), l’IPC annuel est passé de 3,8 % en juin à 3,5 % en juillet. Mais au cours du mois de juillet lui-même, les prix ont augmenté de 1,0 % en termes bruts, plus fortement que ne l’attendaient les économistes, et l’inflation sous-jacente est restée tenace. Cette combinaison compte, car la Banque de réserve d’Australie avait déjà envisagé une nouvelle hausse lors de sa réunion d’août.
Le chiffre annuel s’améliore - mais le mois a été chaud
L’IPC annuel est passé de 3,8 % à 3,5 %. C’est une bonne nouvelle. Mais les prix de juillet ont augmenté de +1,0 % en un mois, alors que Reuters indique que les économistes tablaient plutôt sur environ +0,8 %.
L’inflation ralentissait donc sur un an, mais le dernier mouvement mensuel a été plus fort que prévu. Voilà la contradiction. Un taux d’inflation annuel plus bas ne signifie pas que les prix ont baissé - cela signifie qu’ils montent plus lentement qu’il y a un an.
Le carburant a bondi de 7,5 %
L’essence a joué un rôle majeur. Les prix du carburant automobile ont augmenté de 7,5 % en juillet, après trois mois de baisse. L’ABS a cité la hausse des cours mondiaux du pétrole et le démantèlement partiel des allégements de taxe sur le carburant.
Le carburant peut être volatil, et la RBA ne se concentre pas sur l’essence seule. C’est pourquoi le chiffre d’inflation sous-jacente compte encore davantage.
L’inflation sous-jacente est restée à 3,6 %
La moyenne tronquée - l’une des mesures que la RBA utilise pour lisser les mouvements de prix inhabituels - a augmenté de 0,5 % en juillet. Sur un an, elle est restée à 3,6 %, au-dessus des attentes des économistes.
Ainsi, tandis que l’inflation globale retombait à 3,5 %, l’inflation sous-jacente ne s’est pas améliorée. Pour la RBA, le résultat est nettement moins confortable.
La pression ne vient pas seulement du carburant
Les données de juillet montraient aussi une pression intérieure plus large. L’inflation des services atteignait 3,7 % sur un an. L’inflation des biens et services non échangeables - plus liée à l’économie intérieure - s’élevait à 4,4 % sur un an. L’inflation du logement restait élevée, à 5,0 %.
On ne peut donc pas expliquer le problème d’inflation par l’essence seule. Certaines composantes s’assouplissent ; d’autres restent collantes.
Pourquoi la RBA compte ici
Le taux directeur de la RBA s’élève actuellement à 4,35 %, après trois hausses en 2026. Lors de sa réunion d’août, le conseil a examiné deux options : laisser les taux inchangés, ou relever le taux de 25 points de base.
Il a finalement maintenu le statu quo. Mais le compte rendu montre qu’une nouvelle hausse était réellement sur la table - ce qui signifie que le rapport d’inflation de juillet, plus chaud que prévu, est arrivé à un moment particulièrement important.
Les marchés ont immédiatement changé de vue
Avant la publication de l’IPC, les marchés n’attribuaient qu’environ 17 % de chances à une hausse de la RBA en septembre. Selon Reuters, cette probabilité est passée à environ 38 % après les données d’inflation - soit plus du double.
Il faut bien comprendre ceci : 38 % est un prix de marché, pas une prévision ni une décision de la RBA. Ces probabilités peuvent évoluer vite à chaque nouvelle donnée. L’essentiel est que les marchés ont vu le résultat de juillet et se sont nettement plus inquiétés d’une nouvelle hausse.
Les économistes ne s’attendent pas tous à septembre
Il n’y a pas de consensus sur une hausse le mois prochain. Deutsche Bank prévoit désormais une hausse de 25 points de base en septembre, tandis que d’autres économistes jugent un mouvement plus tardif plus probable.
La bonne conclusion n’est donc pas que « la RBA montera les taux en septembre ». C’est que la probabilité d’une nouvelle hausse a nettement augmenté.
Qu’est-ce que cela signifie pour les ménages ?
Si la RBA relève encore le taux de 25 points de base, il passerait de 4,35 % à 4,60 %. Cela pèserait probablement davantage sur les taux hypothécaires variables et le coût du crédit. Mais aucune décision de ce type n’a été prise.
La RBA doit encore arbitrer deux risques : une inflation trop élevée trop longtemps, et des taux d’intérêt qui freinent trop l’économie.
Et ensuite ?
La prochaine réunion du conseil de politique monétaire de la RBA a lieu les 28-29 septembre 2026, avec une décision de taux le 29 septembre. D’ici là, la banque centrale recevra de nouvelles données économiques qui pourront renforcer ou affaiblir le dossier d’une nouvelle hausse.
L’essentiel
L’inflation annuelle australienne est passée de 3,8 % à 3,5 %. C’est un progrès. Mais juillet lui-même a été plus chaud que prévu : les prix ont augmenté de 1,0 % sur le mois, le carburant a bondi de 7,5 %, et la moyenne tronquée est restée à 3,6 % sur un an. La RBA avait déjà envisagé une nouvelle hausse avant l’arrivée de ces chiffres - d’où le sursaut des anticipations de hausse.
La vraie question n’est plus seulement de savoir si l’inflation baisse. C’est de savoir si elle baisse assez vite pour que la RBA cesse de relever les taux.
Chiffres clés
| Indicateur | Dernier chiffre |
|---|---|
| IPC annuel | 3,5 % |
| IPC annuel de juin | 3,8 % |
| IPC de juillet, mensuel | +1,0 % |
| Moyenne tronquée, annuelle | 3,6 % |
| Moyenne tronquée, juillet | +0,5 % |
| Prix du carburant, juillet | +7,5 % |
| Taux directeur actuel | 4,35 % |
| Probabilité de hausse en septembre avant l’IPC | ~17 % |
| Après l’IPC | ~38 % |
| Prochaine décision de la RBA | 29 septembre 2026 |